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"J'expire aux Limbes d'Amour Inavoué" [Harry - Draco]

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Harry J. Potter
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MessageSujet: "J'expire aux Limbes d'Amour Inavoué" [Harry - Draco]   Jeu 13 Déc - 13:14

"J'expire aux Limbes d'Amour Inavoué"
Lundi 26 Septembre 1994


Treize jours. Treize putain de jours depuis cette retenue de Snape où lui et Malfoy avaient ... Merlin tout puissant, le simple fait d'y penser lui retournait le ventre. Il n'arrivait même pas à le dire. Alors que jouer l'indifférence, faire comme si rien n'était arrivé, ça c'était facile. Enfantin même car il avait agi ainsi depuis presque deux semaines.

Finalement, il n'y avait rien de compliquer à mentir. Il suffisait de croire fermement en ce que l'on voulait fait croire aux autres et personne ne voyait absolument rien. Harry qui pensait être incapable de mentir sans que cela s'affiche en lettre lumineuse au dessus de sa tête s'était trouver surpris par ses propres capacités.

Même face à Malfoy, il parvenait à se montrer aussi détacher que possible, de telle sorte que parfois lui même croyait qu'il ne s'était absolument rien passé entre eux. La nuit lorsqu'il se retrouvait seul, c'était une autre histoire. Car quand les songes le prenaient et qu'il retrouvait la Chose et l'Autre, Harry, pour la première fois, voyait leur visage. Parfois il était la Chose et Malfoy l'Autre, tantôt c'était plutôt l'inverse.

Il se réveillait toujours couvert de sueur et en hurlant mais la terreur sourde laissait place de temps à autre à une différente forme de rêve qui le troublait tout autant à son réveil. Mais Harry n'avait aucune envie d'y faire face.

Sa vie commençait à ressembler à ce qu'elle était d'ordinaire. Les cours reprenaient et avec eux la perspective des prochains examens. L'annonce vendredi dernier de sa promotion au poste de capitaine de l'équipe et le premier match qui arrivait à la fin de la semaine.

Tout était parfait et même si au fond de lui, Harry savait que c'était hypocrite et lâche de se plonger à corps perdu dans cette routine pour fuir ce qui le tourmentait au plus profond de son âme, il n'en avait que faire.

Il en avait marre d'être perpétuellement torturé par mille pensées qui l'assaillaient sans que jamais il ne veuille y réfléchir. Il en avait assez de toujours chercher à analyser ce qu'il faisait et pourquoi il faisait. Ne pouvait-il pas juste faire et voir ce qui se produirait ? Si il le pouvait, et il le faisait à présent. Du moins il essayait ...

Il se levait chaque matin avec la ferme intention de parler à Malfoy, d'aller le voir, de le croiser, de le heurter même pour retrouver cet échange qu'ils avaient auparavant. Mais il ne parvenait pas à simplement rentrer en conflit comme avant. Il n'en était plus capable.

Parce que sa Némésis faisait tout pour le fuir malgré qu'il sente perpétuellement sur lui un regard pesant et scrutateur ? Parce que quelques part au fond de lui ce ... rapprochement était sans doute inespéré et qu'il ne voulait pas revenir un pas en arrière ? Parce qu'il avait adoré ça et qu'il voulait recommencer ?

Tant de questions qui polluaient son esprit et ne servaient à rien. Il était embrouillé au lieu de se laisser vivre les choses qui arrivaient. Il en avait assez, réellement. Mais Harry était coincé. Le dialogue était impossible avec Malfoy, et même s'il l'avait été, le brun aurait-il été seulement capable de lui parler ?

Ils ne s'étaient jamais parlés. Sans insultes ni mots blessants, qu'auraient-ils à se dire hein ? Il n'en savait strictement rien. Et l'idée que peut être il n'aurait rien à se dire car toute leur relation n'était basée que sur l'affrontement le terrifiait autant que la possibilité que derrière cette distance conflictuelle qu'il y avait entre eux, ils pourraient peut être bien s'entendre ...

Dans tous les cas, Harry arrivait à saturation. Alors il faisait ce qu'il parvenait à faire. Il laissait sa vie défilée en profitant du bon qui lui arrivait et continuer dans l'ombre à observer sa Némésis jusqu'à ce que peut être, un jour, il ait les couilles d'aller lui parler. Pour l'instant, ce n'était pas d'actualité. Il n'en était pas capable.

C'était d'ailleurs un miracle que personne ne se soit rendu compte de rien. Car du jour au lendemain, Harry avait semblé transformé. Il n'avait plus ses coups d'humeurs qui le rendait instable depuis quelques semaines. Il ne s'énervait plus pour rien et se montrait jovial à toute occasion. Mais personne ne paraissait trouver cela suspect. Non, ils avaient tous retrouvé le Harry qu'il connaissait bien.

Personne ne se doutait de ce qu'il se passait à l'intérieur, du tourment qui le prenait à la gorge et de la peur qui vibrait derrière son masque de gaieté. Finalement, il comprenait un peu mieux Malfoy et son habitude de jamais laisser paraître ce qu'il ressentait. Ca avait du bon, ça permettait d'éviter les regards en coin et les chuchotements. Toujours donner l'illusion d'aller bien, ça résolvait pas mal de problèmes.

Bon pour Harry, c'était un peu différent. Il ne faisait que cacher une partie de lui, grandissante, envahissante, qui semblait le posséder un peu plus à mesure que passer le temps. Malfoy lui, était comme ça depuis toujours. On lui avait appris à le faire, il ne connaissait rien d'autre. C'était surement un exercice enfantin pour lui, alors qu'Harry trouvait ça très difficile.

D'ailleurs, il bernait surement tout le monde, mais pas Hermione. Elle, elle se doutait de ce qu'il dissimulait, elle savait qu'il se passait quelque chose. Mais elle avait l'air de penser qu'il valait mieux éviter la confrontation ... Tant mieux car Harry n'avait pas envie de se retrouver face à elle, nu envers son esprit d'analyse pertinent qui mettait à jour chaque faiblesse dans son âme.

Aujourd'hui était un jour plutôt sympathique. Malgré tout ce qui lui trottait dans la tête, Harry avait plutôt bien profité de sa matinée de vol. Et l'après-midi plus studieuse le satisfaisait aussi. D'une autre manière cela dit, car il avait tous les cours en commun avec les Serpentard et ainsi pouvait-il à loisir détailler la chevelure blonde de Malfoy. Parfois, le reflet imaginaire de la tache de sang lui revenait en mémoire et des frissons parcouraient la peau de ses avant-bras.

Tout deux jouaient un jeu dangereux. "Fuis moi je te suis, suis moi je te fuis" : Harry illustrait parfaitement ce dicton. Dès que son regard sur Malfoy se faisait trop pesant et que celui-ci se retournait dans sa direction, il faisait comme si de rien n'était et sentait sur sa nuque baissée la même pression des prunelles aciers que celle de ses pupilles émeraude sur la chair diaphane du cou de sa Némésis.

Lorsque après quatre heures de cours à exécuter ce petit manège, la sonnerie sortit Harry de ses pensées, il réalisa qu'il n'avait même pas pris le cours. Seul quelques gribouillis sans queue ni tête ornaient son parchemin et il n'aurait su dire de quoi avait parlé le professeur McGonnagall.

Harry se mit à ranger ses affaires et levant la tête pour chercher la tête blonde du regard, il réalisa que Malfoy était déjà entrain de s'en aller. Il se dépêcha alors de fourrer livres, plumes et parchemins dans son sac, s'excusa auprès de Ron et Hermione sur une urgence qu'il devait absolument résoudre, et s'engouffra hors de la salle de cours à quelques secondes de Malfoy.

Puis il le suivit, remontant le couloir pour finalement arriver à sa hauteur. Alors, prenant son souffle, il força l'allure et dépassa le blond en lui envoyant un brutal coup dans l'épaule. Il ne se retourna pas, soupirant pourtant en baissant la tête lorsqu'il entendit la voix cristalline éclatée à sa suite.

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Draco Malfoy
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MessageSujet: Re: "J'expire aux Limbes d'Amour Inavoué" [Harry - Draco]   Mar 18 Déc - 7:12


Allongé sur son lit, Draco fixait le plafond d’un regard vague, aveugle. Perdu dans ses pensées, ça n’était pas les murs des dortoirs qu’il percevait autour de lui, ni les ronflements de Blaise ou de Crabbe et de Goyle, mais le murmure d’un souffle saccadé qui hantait ses nuits. Ca n’était pas le léger courant d’air qui filtrait de la fenêtre à côté de lui qu’il ressentait, mais la sensation de ces lèvres qui venaient l’embrasser sans qu’il ne fasse rien pour les en empêcher. Pourquoi avait-il fait cela ? Pourquoi ne l’avait-il pas repoussé loin, très loin de lui ? Pourquoi lui avait-il répondu et pire, pourquoi aimé cela ? Passant une main lasse et épuisée sur son visage, il se retourna dans son lit pour se retrouver à plat ventre, et enfouit sa tête dans l’oreiller en lâchant un profond soupir mêlé d’un grognement. Par la barbe de Merlin, quand parviendrait-il enfin à trouver ce foutu sommeil ?! Il voyait les heures défiler sans relâche, la nuit passant à une vitesse aussi longue qu’infernale. Il avait l’impression que chaque minute était une heure, et pourtant à chaque fois qu’il se retournait pour jeter un œil à l’horloge, il se rendait compte que sa nuit se résumerait par énième insomnie qu’il viendrait de traverser.

Puis le matin vint enfin. Se levant avec difficulté, il prit ses affaires et se glissa dans la salle de bain qu’il refermait derrière lui. Croisant son reflet dans le miroir, il s’arrêta aussitôt, son regard d’acier ayant perdu sa lueur habituelle scrutant avec attention son visage et ses yeux cernés. Décidément, ce Potter avait le chic de le mettre sans cesse dans des états les plus improbables… Mais qui aurait pu se douter un seul instant qu’un jour ce serait parce qu’ils s’étaient embrassés que Draco se sentirait plus mal que jamais ? Personne. Enfin… presque. Car Blaise avait malheureusement la forte intuition que quelque chose d’anormal s’était produit durant cette fichue retenue. Avait-il compris ce qu’il s’était passé entre eux ? Le blond l’ignorait, ne pouvant qu’espérer le contraire. Mais connaissant Blaise comme il le connaissait, il savait qu’il ressentait ce trouble qui envahissait son meilleur ami de part en part. Au moins avait-il la décence d’esprit de ne pas aborder le sujet, mais au fond de lui Draco sentait qu’il ne pourrait pas y échapper bien longtemps. Alors il lui mentirait, prétendant qu’il se faisait des idées totalement grotesques et débiles, infondées, et il en passait d’autres. Mais intérieurement l’un comme l’autre connaissait la vérité. Celle qui n’aurait jamais due exister…

Se déshabillant, son corps ayant enfin perdu toutes les traces d’ecchymoses que ce maudit Gryffondor lui avait crées, il se glissa sous le jet d’une eau presque bouillante, les yeux fermés. Sa main tremblante se posa un instant sur la cicatrice qu’il portait à son coup, signe de cette empreinte qu’il lui avait laissée lors d’une énième altercation, mais qui avait presque totalement disparue. A présent, la seule blessure qu’il possédait était parfaitement invisible, mais de loin plus douloureuse encore que toutes celles qu’il avait connues, que toutes ces fractures même qu’il avait subies. Son esprit meurtri à jamais, il se demandait comment il pourrait un jour pouvoir oublier ce qu’il s’était produit entre eux.

Sortant de la cabine de longues minutes plus tard, Draco se sécha et revêtit son uniforme avant de terminer de se préparer. Heureusement cette douche lui avait fait le plus grand bien, et son visage était désormais aussi lisse et impassible qu’à l’accoutumée. Encore et toujours ce même masque… Mais il était loin de s’en plaindre. Au moins les apparences étaient sauves, et il espérait bien que cette même froideur prouverait à Potter lorsqu’il le croiserait qu’il n’en avait absolument rien à faire de ce qu’il s’était passé. Il ne voulait pas que, depuis tous ces jours qui s’étaient écoulés après que cet évènement se soit produit, son ennemi comprenne à quel point il avait pu à ce point le chambouler. Draco lui-même ne le comprenait pas. Le seul soulagement qu’il pouvait encore ressentir était de voir qu’au fond ce qui avait également animé le brun n’était qu’un profond trouble mutuel. Jamais celui-ci ne s’en était servi pour se moquer platement et ouvertement de lui, prétextant être allé certes loin pour prouver qu’il n’était qu’un imbécile, mais que le jeu en valait la chandelle. L’héritier ne l’aurait jamais supporté. Cela devra rester un secret à jamais enfoui au plus profond de leur tête, jusqu’à ce qu’eux-mêmes finissent par l’oublier. S’ils y parvenaient…

Puis une journée de plus s’écoula, aussi banale qu’à l’accoutumée tandis qu’ils oscillaient entre les cours et les quelques moments de répit que les pauses leur offraient. Mais sous cette apparente neutralité et cette quiétude qui semblait l’animer, il se sentait mal. Véritablement. Passer autant d’heure à proximité de Potter ne lui avait jamais paru aussi insoutenable. Non pas qu’il avait envie de le frapper cette fois, mais il ne désirait qu’une seule chose : qu’à chaque fois que son regard se poser malencontreusement sur lui il cesse de penser à ce qu’ils avaient partagé. Pourtant, un quelque chose qu’il ne comprenait pas le poussait à vouloir le regarder. De même qu’il sentait qu’aux moments où il parvenait enfin à détacher son attention du brun, son regard d’émeraude dans lequel il avait un instant pu se noyer se posait à son tour sur lui. Quand tout cela allait-il prendre fin ? Il n’en avait pas la moindre idée.

Au fond, tout cela était totalement stupide. Il n’avait pas à se sentir aussi mal qu’il l’était, car après tout rien de ce qu’ils avaient vécu ce soir-là n’était fondé. Il n’y avait absolument pas de quoi se prendre autant la tête qu’il le faisait, il n’avait qu’à passer outre et accorder à cette erreur le seul crédit qu’elle devait posséder : aucun. Car qu’est-ce qu’il s’était passé d’autre, au final, qu’un acte inconsidéré qui, pour sa part, n’était très probablement dû qu’à son épuisement et au fait que Potter l’avait certainement aussi malmené en cours devant le regard des autres pour que Draco en soit profondément perturbé ? Il n’y avait rien d’autre que cela. Absolument rien d’autre… Du moins était-ce ce qu’il se répétait en longueur de temps durant le cours de McGonagall. Cours qu’il n’écoutait d’ailleurs absolument pas, sa plume dessinant quelques formes géométriques et autres dessins sans significations sur son parchemin tandis qu’il demeurait là, le visage posé contre sa main alors que son regard était aussi trouble que ses pensées.

Lorsque la fin de l’heure vint enfin, le jeune homme sorti de ses songes dans un léger sursaut, avant qu’un soupir ne s’échappe de ses lèvres. Evitant soigneusement le regard certainement interrogateur que lui lançait Blaise avec qui il cherchait soigneusement à éviter toute communication qui abordait nécessairement ce sujet interdit, il se dépêcha de ranger ses affaires dans son sac avant de le glisser sur son épaule et de sortir de la salle, accompagné de Crabbe et de Goyle qui le suivaient comme toujours telle une ombre fidèle. Au moins avec eux, aucun sujet spécifique n’avait à être abordé. Aussi stupides qu’ils l’étaient, cela avait au final quelques avantages par moments. Mais alors qu’il traversait les couloirs pleins de monde à cette heure-ci, il sentit un choc brutal dans son épaule avant que Potter ne le dépasse. Aussitôt, son visage de glace se tordit dans une expression de colère.

« Potter ! Tu n’as jamais appris à regarder où tu marchais, ou il serait peut-être grand temps de changer tes lunettes ? »

Devait-il nécessairement entrer en confrontation à chaque fois qu’ils se voyaient ? Pourquoi ne pouvait-il tout simplement pas le laisser en paix, une bonne fois pour toute ? Certainement parce que d’une manière ou d’une autre, aucun des deux n’avait l’envie de cesser ce foutu jeu qui commençait à prendre une signification qui l’horrifiait de plus en plus. Mais il n’avait pas le choix. Pour effacer ce souvenir infâme de sa tête il devait se prouver qu’il n’y avait eu rien d’autre là-dessous qu’un seul moment d’égarement stupide et incompréhensible. Et pour cela, autant mettre les choses au clair une bonne fois pour toute.

« Attends. » Lui dit-il soudain avec fermeté.

Se dirigeant vers lui, le visage haut et fier aussi impassible qu’il pouvait l’être pour dissimuler la moindre expression qui pourrait le trahir, et sans aucun doute par provocation également, il arriva à sa hauteur et lâcha de sa voix traînante :

« Ferme-la et suis-moi. »

L’empoignant légèrement par le col pour le pousser brièvement vers un recoin désert perpendiculaire aux couloirs, le Serpentard avança de sa démarche assurée avant de s’arrêter pour se tourner vers lui :

« Il faut qu’on parle, Potter. » Lâcha-t-il.


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Harry J. Potter
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MessageSujet: Re: "J'expire aux Limbes d'Amour Inavoué" [Harry - Draco]   Mar 18 Déc - 11:20


Il était presque inespéré qu'il reçoive une réponse, surtout une telle réponse. Il aurait surement du se montrer un peu moins brutal pour parvenir à ces fins, mais Harry avait l'intime conviction que ça n'aurait pas aussi bien fonctionné. De toute façon, lui et Malfoy n'étaient pas des tendres, c'était de contact qu'avait toujours été faite leur relation. Il n'y avait pas d'autre façon que cela soit !

La voix de sa Némésis éclata à sa oreille et en fulminant, il s'approcha de lui à pas vifs. Ces mots résonnèrent en lui et Harry dut dissimuler un sourire franc qui fendit son visage lorsqu'il lui demanda d'attendre. Puis, de nouveaux si proches après tant de temps passé à s'éviter, Malfoy l'attrapa au col pour le traîner dans un coin perpendiculaire au couloir. Il y avait de la fermeté dans sa voix et dans sa prise et les doigts agrippés à sa chemise lui rappelèrent la retenue ...

Par flash, ils les revoyaient, dans l'air sombre et confiné de la réserve, si proche l'un de l'autre, leurs torses collés, comme attirés par cette force qui flottait entre eux, les reliant tel un arc électrique en pleine orage. Harry percevait même les effluves du parfum des cheveux de Malfoy, l'odeur de sa peau et sous ses paupières qui roulaient de plaisir, l'éclat intense de ses prunelles d'acier. Le brun se secoua et essaya de revenir au temps présent.

Dans une niche dissimulée par une tapisserie, Malfoy lui fit face et avec une détermination qui paraissait sans faille, lui rétorqua qu'il leur fallait parler. Au vue de la situation, il semblait que l'initiative venait du blond mais c'était bien Harry en provoquant le contact qui avait poussé sa Némésis à engager la discussion, ce qu'il était lui même incapable de faire. Chacun trouve son propre moyen d'arriver à ses fins, non ?

Mais pendant de longues minutes, seul le silence grandissait entre eux. Ils étaient proches, très proches, mais avec une distance qui donnait à Harry l'impression qu'ils se trouvaient sur la Terre et la Lune. C'était froid, glacial, loin de la chaleur torride qui s'était emparée d'eux lors de la retenue, quand leurs corps s'étaient tendus ensemble alors que leurs lèvres s'unissaient dans la moiteur d'un baiser au gout de nectar empoisonné.

Le brun grimaça et déglutit faiblement. Il percevait les pupilles acérées fixées sur lui mais était incapable de lever la tête pour croiser le regard qu'il sentait fulminant de Malfoy. Surtout car la dernière fois qu'il s'était perdu dans ce regard, il avait complètement perdu pied avec la réalité. Et même s'il n'avait pas encore fermement décidé s'il mourrait d'envie de recommencer ou s'il était préférable de ne plus jamais s'approcher du blond, Harry n'osait pas bouger ni rien dire.

Il se sentait impuissant, comme la Chose dans ses rêves, bloquée sous l'emprise malfaisante de l'Autre qui l'assaillait de toutes parts et l'empêchait de faire face. C'était un peu cela que ressentait Harry bien qu'il sente au fond de lui cette force sous-jacente qui le poussait à agir et à combattre l'emprise qu'avait Malfoy sur lui. Cependant, tout cela était remis en balance par cette sensation dans son ventre qui diffusait dans ses tripes un plaisir sournois, insidieux. Il aimait se sentir sous son emprise.

Alors au début Harry ne dit rien. Il se contenta d'admirer ses chaussures sans un mot, régulant sa respiration sur sur celle de sa Némésis qui semblait jouir d'avoir l'avantage. A l'intérieur de lui même, l'opposition entre la Chose et l'Autre qu'il était à la fois, Harry ne parvenait pas à prendre de décision. Devait-il parler ? Devait-il agir ? Devait-il attendre ? C'était insupportable et son impatience devint plus grande que tout le reste.

Harry releva la tête et, s'appliquant bien à ne pas croiser le regard de Malfoy en se focalisant sur les mèches dans sa nuque qui recouvrait la fine cicatrice blanchâtre de sa morsure, commença à parler. Sa voix était rauque, peu assurée mais en même temps, elle résonnait de la sincérité qu'il était prêt à offrir à sa Némésis.

"Vas y, Malfoy, parle-moi !"


Il avait prononcé ses mots comme dans un souffle avec une sorte de râle de gorge qui avait voulu exprimer le trouble qu'il avait au plus profond de lui et cette envie presque viscérale, de l'entendre parler avec cette assurance, cette fierté, cet orgueil qui le caractérisait si bien. En fait, Harry n'attendait qu'une seule chose, que Malfoy parle ...

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Draco Malfoy
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MessageSujet: Re: "J'expire aux Limbes d'Amour Inavoué" [Harry - Draco]   Mar 18 Déc - 13:13


Qu’il ose le pousser comme s’il ne l’avait pas vu, comme s’il n’était qu’un de ces fantômes qui erraient dans le château, ou pire encore comme s’il n’existait pas l’énervait au plus haut point. Pourtant au fond il devait le remercier. Par sa brusquerie et son indélicatesse il lui offrait enfin la possibilité de pouvoir être avec lui. Enfin, plutôt de lui parler. Pour mettre les choses au clair, bien entendu. Rien de plus. Alors d’un pas décidé et sous les regards méfiants de Crabbe et de Goyle qui surveillaient attentivement les moindres faits et gestes de Potter qui ne bougeait pourtant pas, Draco se planta face à lui et lui ordonna de le suivre de son ton traînant. Empoignant le col de sa chemise, il le poussa légèrement pour le diriger vers un recoin des couloirs, parfaitement désert pour qu’ils puissent enfin essayer pour la première fois d’engager une conversation sans craindre d’être entendu par des oreilles indiscrètes. Car s’il y avait bien un seul évènement dans toute sa vie qu’il ne souhaitait jamais voir mis à jour, c’était bien ce qu’il s’était passé entre eux.

Ce qui l’étonna toutefois fut le silence et la docilité du brun, qui le suivait dans mot dire. A vrai dire, Draco s’était attendu à tout sauf à cela venant de lui. Il aurait dû essayer de l’envoyer paître, lui rétorquer qu’il n’avait aucun ordre à recevoir de lui ou bien n’importe quoi d’autre… Mais ce silence le gênait en réalité bien plus qu’autre chose. Il n’aurait bien entendu pas supporter qu’un nouveau conflit n’éclate entre eux, mais ce silence… Non, c’était bien pire en réalité. Ca lui rappelait beaucoup trop de choses. S’il s’était montré détestable, au moins l’héritier aurait pu le haïr à nouveau comme il se devait. Mais là… C’était comme ce soir-là. Comme lorsqu’ils s’étaient retrouvés tous les deux, seuls dans cette pièce, sans ne plus prononcer le moindre mot. Ils s’étaient contentés de rester là, l’un face à l’autre, tandis que naissait quelque chose de nouveau, de…

Fermant un instant les yeux pour effacer aussitôt ce souvenir de sa mémoire, il s’arrêtait, jetant un bref coup d’œil dans le couloir avant de se glisser avec lui dans ce recoin, déclarant avec froideur qu’il était temps qu’ils parlent. Ils n’avaient pas le choix, il fallait faire le point sur cet évènement qui n’aurait absolument jamais dû arriver. Pourtant, rien ne se produisait. Comment devait-il aborder le sujet ? Rien que le simple fait de se dire qu’ils s’étaient embrassés lui refilait la chair de poule. Alors le prononcer à voix haute… Non, il ne le pouvait pas. D’un autre côté, ne pas dire cela en termes exacts revenait à lui montrer combien il en avait honte. Et c’était le cas, vraiment, mais la honte n’était qu’une faiblesse, et il était hors de question que Potter se rende compte de la manière dont il l’avait troublé. Car oui, c’était réellement ce qu’il ressentait. Depuis leur baiser, il n’avait plus l’impression d’être le même… et cela l’effrayait littéralement.

Le regard rivé au sol, Potter n’osait même plus relever le regard vers lui. Tant mieux, au moins Draco n’aurait-il pas à supporter le poids de son regard qui avait eu le pouvoir de lui faire perdre tous ses moyens… Et à vrai dire il fallait être honnête : le voir ainsi mal-à-l’aise le comblait de joie. Non pas parce qu’il se trouvait enfin dans cette position de force qu’il aimait tant posséder face à lui, bien que cela était déjà à proprement dit jouissif, mais surtout qu’au fond il voyait que Potter tout comme lui avait ressenti quelque chose ce soir-là. Quelque chose d’indéfinissable et d’effrayant, mais quelque chose tout de même. Sinon pourquoi serait-il aussi gêné ? Quitte à être troublé et cruellement déstabilisé, la perspective de ne plus être le seul dans cette situation-là le rassurait. Au moins cela lui confirmait-il que Potter n’avait pas essayé de se jouer une nouvelle fois de lui pour l’humilier. Et sans qu’il ne sache pourquoi, voir qu’il n’avait pas été indifférant à cela le rassurait. Mais c’était totalement stupide, bien entendu, car jamais il n’éprouverait la moindre chose pour lui. Déjà parce qu’il était un homme, et ça non merci, mais surtout parce qu’il était Potter, tout simplement. Son ennemi de toujours, celui qu’il haïssait plus que n’importe qui d’autre sur cette planète.

Relevant enfin lentement la tête vers lui le brun évita une nouvelle fois son regard avec grand soin, lui demandant d’une voix étrange ce dont il voulait parler. Comme s’il l’ignorait… Pourtant la manière avec laquelle i s’était adressé à lui le laissa un instant sans voix. Les sourcils légèrement froncés par l’incompréhension, il scrutait un instant son visage pour essayer de réaliser ce qu’il se passait. Jamais Potter ne s’était adressé à lui sur un ton autre que moqueur, dédaigneux ou empreint du mépris profond que tous deux partagés vis-à-vis de l’autre. Non, là il était différent. Sincère… Déglutissant légèrement, Draco se redressa d’un air hautain et fier, les traits fins de son visage se durcissant pour dissimuler son profond trouble intérieur. Potter ne devait rien voir de tout cela. Il devait croire que le Serpentard n’en avait tout bonnement rien à faire de lui, ce qui était le cas, n’est-ce pas ?

« Ce qu’il s’est passé était totalement stupide, irréfléchi et grotesque. Alors je vais tout oublier, tout comme toi tu vas le faire. Mais surtout, personne ne doit en entendre parler, parce que sinon je te jure que je fais sauter tes yeux de leurs orbites avec une petite cuillère. C’est compris ? »

S’interrompant, il prit une légère inspiration, son regard glissant sur son visage avant qu’il ne ferme à nouveau brièvement les yeux, essayant de chasser ce besoin insatiable de l’observer encore et encore.

« De toute manière il ne s’est rien passé. On était dans un tél état de nerf que c’était… Enfin, il n’y a rien à dire. C’était simplement une monstrueuse et écœurante erreur. Rien d’autre. »

Enfin… Monstrueuse, peut-être. Écœurante… Non, bien au contraire. Et c’était là le plus insupportable…


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Harry J. Potter
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MessageSujet: Re: "J'expire aux Limbes d'Amour Inavoué" [Harry - Draco]   Mar 18 Déc - 13:51


Harry encaissa les paroles de Malfoy sans lever les yeux. Il ne disait rien et se contentait de respirer le plus calmement possible alors que la voix claire s'élevait entre eux. Comment cela pouvait-il faire si mal ? Comment était-il possible pour lui de ressentir à cet instant une souffrance si grande. Son coeur dans sa poitrine menaçait d'imploser et pourtant, dans une attitude presque prostrée de négation, Harry ne faisait rien d'autre que respirer. De plus en plus fort, de plus en plus vite, les lèvres tremblantes alors que ses ongles entamaient la chair de ses poings serrés.

Les mots de Malfoys s'imprimaient sur son cortex comme autant de lettres marquées au fer rouge. "Stupide, irréfléchi et grotesque" ... "Je vais tout oublier" ... "Il ne s'est rien passé" ... "C'était simplement une monstrueuse et écoeurante erreur" ... Le souffle d'Harry devenait erratique. Dès que la voix cristalline au ton traînant cessa de déverser son flot d'immondices qui lui tordait le coeur et lui donnait la nausée, le brun releva la tête.

Ce n'était plus de la colère qui donnait tant d'éclat à ses pupilles mais de la rage que Malfoy faisait naître en lui. Une haine viscérale qui le reprenait aux tripes, chassant les papillons qui battaient des ailes dans son ventre pour les remplacer par une masse grouillante de vers qui en percerait les parois et le grignoterait de l'intérieur. Dire qu'Harry était furieux aurait été un euphémisme. Et sa rage finirait par sortir de la plus horrible des façons.

"Une erreur écoeurante et monstrueuse ? Tu te fous de ma gueule ! Sale petit connard d'égoïste ! T'es qu'un lâche tu m'entends, pire qu'un lâche tu n'es qu'une raclure qui n'a même pas les couilles d'assumer ses actes ! T'as aimé ça, t'as adoré ça alors me prend pas pour un con ! Tu aurais pu bouger, me frapper, hurler pour prévenir Snape à côté ... Mais t'as fait quoi toi ? Que dalle ! Tu as juste ouvert bien grand la bouche en t'agrippant à ma chemise. Tu parle d'une erreur, t'as strictement rien fait pour l'éviter ! La vérité c'est que tu voulais que ça se produise ! Mais t'as même pas le courage de voir la vérité en face. Tu m'dégoûtes !"


A ce moment là, Harry aurait du partir. Mais il n'en fit rien. Il resta bloqué là au même titre que Malfoy dont le regard avait croisé le sien à la fin de sa tirade. Et les prunelles acier vacillant sous la force des propos du brun s'accrochaient aux siennes miroitant de haine. A nouveau ils étaient comme paralysés. Mais Harry en avait assez de se laisser faire, assez de subir alors qu'à chaque fois lui seul prenait les initiatives.

Il fit un pas en avant, acculant Malfoy contre le mur de la niche. Dissimulé par la tapisserie, il était coincé. Sa seule chance de délivrance, c'était qu'il hurle. Mais Harry avait son idée pour l'en dissuader. Il plaqua son torse à lui, ostensiblement, leurs fronts à quelques millimètres l'un de l'autre. Son expression avait repris de sa démence et ce fut en un souffle qu'il se pencha à l'oreille de Draco et glissa :

" Vas y, prouve moi que c'était qu'une erreur ! Prouve moi que t'attends pas que ça recommence. Vas y débat toi, repousse moi, montre moi que tu as vraiment oublier, qu'il ne s'est vraiment rien passé !"


Lascivement, Harry colla son bassin au sien, lui faisant partager son trouble aussi bien qu'il percevait le sien. Malfoy pouvait toujours parler, ses beaux discours n'avaient aucun poids. Il voyait dans son regard qu'il n'avait pas lâché des yeux ce que le blond voulait cacher. C'était dans son orgueil qu'Harry avait été blessé et même si c'était son côté Autre qui prenait le dessus, il n'était pas certain de ne pas le regretter amèrement.

"Alors vas y dis le putain ! Dis le que je te dégoûte, dis le que c'est stupide et irréfléchi, dis le que là tu en crève pas d'envie sale petit connard ! DIS LE PUTAIN !


Harry l'attrapa au col et le souleva de quelques centimètres du sol. Les sourcils froncés, cette expression démente collée au visage, il observait les prunelles de sa Némésis vibrer sous l'emprise des siennes. Et surtout, les dents serrées, il résistait au besoin impétueux de violer ses lèvres à cet instant précis.

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MessageSujet: Re: "J'expire aux Limbes d'Amour Inavoué" [Harry - Draco]   Mar 18 Déc - 15:43


Lui dire qu’il ne s’était rien passé était tellement plus simple à faire qu’accepter la vérité. Lui dire qu’il devait tout oublier était tellement plus aisé que de pouvoir lui-même le faire. Pourtant malgré l’assurance manifeste qu’il dégageait, son fort intérieur était aussi dévasté qu’un champ de ruines. Pourquoi ? Tout simplement parce que cette vérité qui l’horrifiait était aussi dévastatrice qu’une guerre qui faisait rage à l’intérieur de son âme. Il avait envie de pouvoir tout effacer de sa mémoire, d’oublier que l’adolescent qui lui faisait face l’avait embrassé quelques jours plus tôt et que, pire encore, il lui avait répondu en s’abandonnant littéralement sous le joug délicieusement offensif de ses lèvres. Alors il lui avait balancé ces mots, les lui avait craché en plein visage alors que Potter ne disait rien. Pourtant son corps lui-même semblait hurler à sa place ces mots qu’il n’osait pourtant pas lui dire. Paradoxalement, il était tout aussi silencieux que son être tout entier semblait vouloir lui hurler dessus.

Mais qu’est-ce qu’il attendait pour le faire réellement ? Qu’est-ce qu’il attendait pour pouvoir lui gueuler qu’il n’était qu’un abruti aveugle qui s’en prenait à lui alors qu’il refusait d’entendre ce que ses envies lui dictaient ? Mais non, il ne faisait rien. Et c’était certainement pour Draco la pire chose de toutes. Il aurait préféré qu’il le frappe plutôt que de le voir renoncer, car aussi douloureux que cela pouvait être que d’accepter qu’il se soit passé quelque chose entre eux, le fait que le brun ne lui réponde rien lui laissait comme l’impression qu’il était le seul à être totalement retourné par cette histoire. Peut-être en fin de compte que le Gryffondor ne pouvait même plus le regarder en face après tout cela… Car Draco avait beau prétendre que ce baiser avait été écœurant, il savait pourtant parfaitement que c’était à ses yeux tout sauf le cas. Et c’était ça qu’il ne parvenait pas à accepter. S’être embrasser par erreur pouvait arriver, mais que ce soit avec lui et qu’il ait éprouvé autant de choses… non, c’était intolérable.

Alors il avait envie d’être ignoble avec lui, juste pour voir ses poings qui se resserraient à ses mots se refermer davantage dans un excès de colère. Il voulait voir combien tout ce qu’il pouvait lui balancer était insupportable, il avait besoin de ressentir ce sentiment d’injustice qu’il faisait naître en lui, juste pour se prouver que ce qu’il ressentait pour lui n’était pas à sens unique. Et lorsque ses pupilles d’émeraude se levèrent enfin pour se planter avec une violence inouïe dans les siennes, Draco ne put s’empêcher en réalité d’éprouver une réelle et profonde joie, du moins un sentiment d’apaisement extrême. Jamais il n’aurait cru que voir Potter dans un tel état de colère lui procurerait non plus cette fois un sentiment de bien-être malsain, mais un soulagement tel qu’il avait l’impression d’enfin ne plus être le seul que cette histoire rendait malade. Alors il dut déployer tous ses efforts pour ne pas lui montrer combien il aimait le voir s’énerver à ce point. Son cœur battant de plus en plus violemment dans sa poitrine, il restait en tant que spectateur passif d’un spectacle étrange aussi angoissant que terriblement réconfortant.

Oui, il avait totalement raison. Il n’assumait absolument pas ce qu’il avait pu faire. Se revoir en train de répondre à son baiser avec autant de douceur et de sincérité qu’il lui en avait procuré, l’avoir attiré un peu plus contre lui alors qu’il avait la sensation que son corps était tellement loin du sien… Mais comment pourrait-il seulement accepter cela ? Ces actes… Non, ça ne lui ressemblait absolument pas… Et pourtant il l’avait fait. Les yeux baissés tant il savait combien tout ce qu’il entendait était amèrement fondé, il releva lentement les yeux vers lui, son visage perdant de sa superbe. Il était ignoble de lui faire ça, il le savait. Lui-même ne l’aurait absolument pas supporté, mais dans son égoïsme exacerbé il n’avait pu faire autrement. Mais lorsque soudain Potter le plaqua contre le mur derrière eux, il sentit aussitôt ce même appel qu’il avait ressenti la première fois l’enjoindre de commettre à nouveau l’irréparable. Il en avait tellement envie… Mais il avait terriblement peur. Pourtant nul n’aurait pu les voir là où ils étaient, alors qu’est-ce qui l’en empêchait, alors que le souffle sucré du brun caressa son oreille dans un souffle qui attisa à nouveau ces frissons qui lui parcouraient le corps.

Il voulait qu’il se débatte, qu’il lui prouve que tout ce qu’il lui avait dit quelques instants auparavant était faux… Mais comment prouver l’inverse de ce que l’on pense véritablement ? Et lorsque son bassin se pressa doucement contre le sien… Non, il ne voulait pas le rejeter. Bien au contraire même. Lâchant un léger soupir tremblant à ce contact qui éveillait ses sens et ses envies les plus profondes, il tentait néanmoins de détourner la tête pour éviter son regard, fermant les yeux alors que son visage se crispait dans une expression de lutte acharnée contre lui-même. Oui il avait envie de lui, terriblement et bien plus encore qu’il ne pouvait se l’avouer. Mais il ne le devait pas.

Et lorsqu’il ressentit les doigts du Gryffondor le saisir violemment par le cou et le soulever légèrement, il ressentit à nouveau cette haine envers lui qui le poussait à le désirer tant et plus. Le brun pouvait-il seulement se rendre compte de la manière dont il le faisait souffrir ? Que croyait-il, qu’il pouvait accepter cela comme ça, aussi simplement alors que tant de choses devaient les séparer ? Non, rien n’était simple dans ce foutu monde, et encore moins ces sentiments stupides et inexplicables qu’il ressentait pourtant aussi fortement qu’une tornade qui passe à quelques centimètres de nous pour nous porter au loin dans un endroit dont on ne reviendra jamais. Et il savait qu’en acceptant ses sentiments et en succombant à ses pulsions il atteindrait ce point de non-retour qu’il ne pourrait pas accepter…

Alors plaquant ses mains contre son torse, il le repoussa sèchement en s’écriant d’une voix aussi courte que tremblante et désespérée :

« Lâche-moi ! »

Se dégageant de son emprise, il partit aussitôt dans les couloirs, marchant d’un pas rapide, courant presque pour fuir le plus rapidement possible ce type qui le rendait malade. Il était lâche, oui, il s’en rendait plus compte que jamais… Et s’engouffrant à l’angle d’un nouveau couloir qui débutait plus loin, il se laissa glisser le long du mur, la mâchoire crispée et les lèvres tremblantes. Assit sur le sol glacial d’un château devenu désert, sa vue se troubla par la naissance de ces larmes de rage qui naissaient au creux de ses yeux. Mais cette fois la colère n’était pas contre Potter non, mais bel et bien contre lui.

Qu’avait-il fait…







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MessageSujet: Re: "J'expire aux Limbes d'Amour Inavoué" [Harry - Draco]   Mer 19 Déc - 20:54


Harry sentait presque le blond vibrer sous lui. Sa prise sur sa gorge se resserra alors qu'ils échangeaient un regard profond d'une intensité pleine d'ambiguïté. Les prunelles acier semblaient noyées par l'hésitation. Harry pouvait presque lire à travers la réflexion qui se propageait dans les axones de sa Némésis. Il allait craquer, il était sur qu'il allait craquer.

Pourtant au bout de quelques instants, Malfoy brisa l'union de leurs regards, fermant fermement les paupières alors qu'il posait ses mains sur son torse. Mais ce contact était bien différent, plein d'une froideur sèche, presque brutale. Harry déglutit faiblement en relâchant un peu sa prise et fut stupéfait par la réaction de sa Némésis.

Contre toute attente, il le repoussa violemment, l'implorant d'une voix qui avait perdu sa superbe et son assurance, de le laisser. Harry fut tellement désarçonné par cette réaction qu'il le lâcha. Hébété, le brun resta là, les lèvres entrouvertes, alors que Malfoy passa devant lui, le frôlant un peu, pour partir d'un pas vif dans le couloir. Il entendit le claquement de ses talons s'éloigner avant de ne plus percevoir un seul bruit.

Dire qu'il était sur le cul aurait été un euphémisme. Non il était complètement choqué. Il était pourtant persuadé que son discours violentant son orgueil et ses actions attisant son désir, aurait eu raison de lui. Mais non. Non il était parti. Il était parti et l'avait planté là comme un con. Comme pendant la retenue ...

A l'étonnement succéda bientôt la colère. Harry grogna avant d'envoyer brusquement son poing dans le mur. La pierre craquant contre ses phalanges soulagea un peu sa montée de rage mais ça ne suffirait pas. Il était blessé, mutilé dans son amour propre. Il avait essayé de se livrer, de faire passer à Malfoy un peu de ce qu'il ressentait vraiment et il se retrouvait tout seul comme un con.

Apparemment, il s'était trompé. Malfoy s'en foutait réellement, c'était exactement comme il l'avait énoncé plutôt. Il ne s'était rien passé à ces yeux. Comme si ce qu'ils avaient partagé n'était qu'une illusion, un moment d'égarement, une erreur. Sauf qu'au plus profond de lui, Harry savait que ça n'avait rien d'une erreur. Car lorsqu'il pensait au blond, il brûlait au creux de ses tripes d'un feu dévastateur qui le consumait de l'intérieur.

Il envoya valser la tapisserie et s'engouffra en dehors de la niche, les mains tremblantes de rage. Il se sentait vexé, trahi même dans un sens. Car en plus de s'être trompé sur les intentions du blond, il s'était ridiculisé face à sa Némésis en lui offrant sur un plateau l'une de ses plus grandes faiblesses. Ivre de colère et de honte, Harry arpenta les couloirs pour rejoindre sa salle commune, les dents serrées.

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"J'expire aux Limbes d'Amour Inavoué" [Harry - Draco]

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